article du BP de ce matin:
Partira ? Partira pas ? L'entraîneur du DFCO, Rudi Garcia est en contact avec Le Mans (L1). Toutefois, Laurent Fournier convoite aussi le poste pendant que le président dijonnais, Bernard Gnecchi fulmine... Ca sent le soufre !
D epuis la dépêche de nos confrères d'Info sport de lundi après-midi faisant état d'un départ du coach dijonnais Rudi Garcia pour le club du Mans (Ligue 1), les portables chauffent et les informations s'enchaînent vitesse grand V. « Le président du Mans m'a téléphoné lundi dans la soirée », explique Bernard Gnecchi. « Il m'a dit que Rudi Garcia l'intéressait. Je lui ai demandé s'il n'y avait pas d'autres entraîneurs de libre plutôt que Rudi ! Je l'ai déjà retenu il y a deux saisons, il est difficile de le faire une seconde fois. J'ai donc dit que j'étais ouvert à la discussion. »
Cependant, les choses se compliquent dès hier matin. « Etant donné que monsieur Garcia dispose d'un contrat de travail de deux ans sans clause libératoire, j'ai demandé une indemnité. Depuis que j'ai communiqué le montant du transfert souhaité, que j'ai calculé selon des barèmes tout à fait en règle avec ce qui ce pratique, je n'ai plus eu de nouvelle de mon homologue », poursuit le président dijonnais.
Et pour cause, Henri Legarda, qui avait cinq noms sur sa liste avant d'en barrer deux puis trois en l'espace de 24 heures, n'a jamais engagé de coach en contrat avec un autre club mais toujours des techniciens libres de tout engagement. Dans ces conditions, la piste Rudi Garcia perd de sa crédibilité (même s'il y a une première à tout !) au profit du second larron qui n'est autre que l'ancien parisien, Laurent Fournier. Ce dernier a d'ailleurs rencontré le décideur manceau hier à 19 h 30.
Un sentiment d'incompréhension
Il semble désormais acquis que le nom du successeur de Frédéric Hantz - parti récemment à Sochaux - sera dévoilé bien avant la semaine prochaine comme annoncé lundi dans la Sarthe. Aujourd'hui ? Probablement.
Laurent Fournier apparaît en pole position. Et Rudi Garcia alors ? Une nouvelle fois injoignable hier, celui-ci se terre dans un silence plutôt étrange. Il est vrai que sa situation est désormais inconfortable. Acceptant les propositions mancelles, il a provoqué l'ire de son président, Bernard Gnecchi. « Il jurait il y a peu dans votre journal qu'il serait l'entraîneur du DFCO la saison prochaine. Si des hommes font croire qu'ils sont à 100 % dans un projet de club et qu'à la moindre opportunité, ils s'en vont, je le regrette et ne peux l'accepter. »
Un sentiment d'incompréhension s'est donc installé. Il développe. « Dans la vie, il faut dire les choses clairement. S'il avait des envies de départ, il devait m'en parler et ne pas attendre le mois de juin car c'est maintenant que tout se joue. Pourquoi avoir engagé des hommes et pris des décisions sur la saison à venir ? Certains joueurs sont partis ou se sont engagés parce que Rudi Garcia était là. C'est un non-respect des valeurs. Il a réfléchi de manière individualiste et égoïste. Quand une fille plus jolie passe sur le trottoir d'en face, pas mal de monde traverse pour la suivre en faisant fi des principes en cours. On est d'accord ou pas mais la réalité est là. Je suis déçu même si pour le moment, son départ s'inscrit au conditionnel. »
Sans doute la fin d'une histoire
Au terme de cet épisode et ce qu'elle qu'en soit la conclusion, la relation entre les deux hommes jusqu'alors apparemment solide s'en trouve largement ternie et même brouillée. « Quand on est cocu une fois, on peut pardonner mais la confiance n'est plus la même à l'avenir. On va désormais prouver que même si Rudi Garcia a contribué à la remontée du foot à Dijon, ce n'était pas la réussite d'une seule personne mais celle de tout une structure. Comme l'a dit Jean-Michel Aulas (président de Lyon) L'entraîneur est important mais l'ensemble du club l'est bien plus », conclut Bernard Gnecchi de manière aussi imagée que percutante. La recherche d'un nouveau technicien apparaissait donc hier soir inéluctable. Pour ce qui est de Rudi Garcia, si le siège manceau se refuse à lui, celui de Dijon s'annonce éjectable.
Jérôme ROBLOT