1
Fruits,légumes et poisson .... le Lun 8 Oct - 7:31
La récente parution d'une étude sur la consommation alimentaire a montré que les ventes de fruits, de légumes et de produits de la mer sont en perte de vitesse chez les jeunes. Si la raison pécuniaire est souvent avancée pour expliquer ce « désamour », elle n'est pourtant pas la seule.
C' est une nouvelle qui n'en est pas vraiment une. Récemment, une étude du Credoc (*) révélait que les 20-30 ans consommaient en moyenne quatre fois moins de fruits et légumes que leurs parents et leurs grands-parents. Une baisse que de nombreux consommateurs expliquent par la hausse considérable des prix, notamment depuis le passage à l'euro. Mais les produits frais valent-ils vraiment de l'or ?
Depuis une dizaine d'années, Jean-Luc Bretin dirige « Le Palais du fruit » à Fontaine-lès-Dijon. Selon lui, cette augmentation est réelle, mais le rôle de la nouvelle monnaie est minime.
« Les gens ont tendance à oublier que le prix du pétrole s'est envolé en très peu de temps », explique-t-il. « L'impact sur les frais de transport est considérable, sans compter le coût du chauffage des serres en hiver. Il y a aussi eu de très mauvaises conditions climatiques ces dernières saisons. Les récoltes étant moins bonnes, il a fallu importer davantage. »
Des fraises en hiver...
Une hausse que Jean-Luc considère pourtant comme une fausse excuse. « Le vrai problème est ailleurs. Aujourd'hui, les habitudes alimentaires ont complètement changé. Les gens n'ont plus le temps de manger. Un légume, il faut le laver, l'éplucher, le couper... Acheter une pizza surgelée, c'est beaucoup plus simple. Mais ce n'est pas forcément moins cher. Et pour avoir le meilleur rapport qualité/prix, il faut attendre la bonne saison. Aujourd'hui, tout le monde veut manger des fraises en hiver. Les prix sont donc forcément plus élevés et les fruits perdent une partie de leur goût, du fait de la longueur des transports. »
Si la « difficile » cuisine du poisson freine également sa consommation chez les jeunes, Cécile Miressi, poissonnière aux halles de Dijon, admet en revanche que les prix ont véritablement flambé. Et comme Jean-Luc, elle constate que sa clientèle est plutôt âgée, mais pour des raisons différentes. « Si ça continue, le poisson va devenir un produit de luxe. C'est un phénomène que l'on observe depuis deux à trois ans et qui s'explique tout simplement par la raréfaction des poissons. Aujourd'hui, les petits revenus ont accès aux produits les moins nobles et aucune baisse n'est en vue. »
« Un problème d'éducation »
Trop onéreux, trop compliqués à cuisiner... Serait-ce la fin des haricots pour les produits frais ? Pas pour tout le monde. Il y a un mois, Loïc et Jonathan, deux Chalonnais de 25 ans, parient sur un nouveau concept de fast-food en plein centre de Dijon. Avec « So fresh », ils proposent une alternative à la restauration rapide traditionnelle, où fruits et légumes règnent en maîtres. « Nous voulions faire redécouvrir des recettes originales, avec des soupes, des salades, des tartes ou des jus de fruits », explique Loïc. « Pour de nombreux clients, un repas à base de légume et sans graisse, ce n'est pas assez bourratif. Mais ils sont souvent surpris. »
Quant au prix, il est équivalent, même si chez Loïc et Jonhatan, les étudiants se font encore discrets. « Nous avons peu de recul, mais nous accueillons surtout des personnes déjà attirées par ce genre de nourriture, des cadres et quelques curieux », poursuit Jonathan. « Si les jeunes ne sont pas intéressés par les légumes, c'est aussi un problème d'éducation. Lorsque l'on est habitué à manger des pâtes et des pommes de terre depuis son enfance, les légumes ont forcément un goût étrange. L'alimentation doit être variée et c'est aussi pour ça que nous voulons montrer qu'en une demi-heure, on peut se nourrir d'autre chose que d'un sandwich. »
Bertrand LHOTE
(*)Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.
C' est une nouvelle qui n'en est pas vraiment une. Récemment, une étude du Credoc (*) révélait que les 20-30 ans consommaient en moyenne quatre fois moins de fruits et légumes que leurs parents et leurs grands-parents. Une baisse que de nombreux consommateurs expliquent par la hausse considérable des prix, notamment depuis le passage à l'euro. Mais les produits frais valent-ils vraiment de l'or ?
Depuis une dizaine d'années, Jean-Luc Bretin dirige « Le Palais du fruit » à Fontaine-lès-Dijon. Selon lui, cette augmentation est réelle, mais le rôle de la nouvelle monnaie est minime.
« Les gens ont tendance à oublier que le prix du pétrole s'est envolé en très peu de temps », explique-t-il. « L'impact sur les frais de transport est considérable, sans compter le coût du chauffage des serres en hiver. Il y a aussi eu de très mauvaises conditions climatiques ces dernières saisons. Les récoltes étant moins bonnes, il a fallu importer davantage. »
Des fraises en hiver...
Une hausse que Jean-Luc considère pourtant comme une fausse excuse. « Le vrai problème est ailleurs. Aujourd'hui, les habitudes alimentaires ont complètement changé. Les gens n'ont plus le temps de manger. Un légume, il faut le laver, l'éplucher, le couper... Acheter une pizza surgelée, c'est beaucoup plus simple. Mais ce n'est pas forcément moins cher. Et pour avoir le meilleur rapport qualité/prix, il faut attendre la bonne saison. Aujourd'hui, tout le monde veut manger des fraises en hiver. Les prix sont donc forcément plus élevés et les fruits perdent une partie de leur goût, du fait de la longueur des transports. »
Si la « difficile » cuisine du poisson freine également sa consommation chez les jeunes, Cécile Miressi, poissonnière aux halles de Dijon, admet en revanche que les prix ont véritablement flambé. Et comme Jean-Luc, elle constate que sa clientèle est plutôt âgée, mais pour des raisons différentes. « Si ça continue, le poisson va devenir un produit de luxe. C'est un phénomène que l'on observe depuis deux à trois ans et qui s'explique tout simplement par la raréfaction des poissons. Aujourd'hui, les petits revenus ont accès aux produits les moins nobles et aucune baisse n'est en vue. »
« Un problème d'éducation »
Trop onéreux, trop compliqués à cuisiner... Serait-ce la fin des haricots pour les produits frais ? Pas pour tout le monde. Il y a un mois, Loïc et Jonathan, deux Chalonnais de 25 ans, parient sur un nouveau concept de fast-food en plein centre de Dijon. Avec « So fresh », ils proposent une alternative à la restauration rapide traditionnelle, où fruits et légumes règnent en maîtres. « Nous voulions faire redécouvrir des recettes originales, avec des soupes, des salades, des tartes ou des jus de fruits », explique Loïc. « Pour de nombreux clients, un repas à base de légume et sans graisse, ce n'est pas assez bourratif. Mais ils sont souvent surpris. »
Quant au prix, il est équivalent, même si chez Loïc et Jonhatan, les étudiants se font encore discrets. « Nous avons peu de recul, mais nous accueillons surtout des personnes déjà attirées par ce genre de nourriture, des cadres et quelques curieux », poursuit Jonathan. « Si les jeunes ne sont pas intéressés par les légumes, c'est aussi un problème d'éducation. Lorsque l'on est habitué à manger des pâtes et des pommes de terre depuis son enfance, les légumes ont forcément un goût étrange. L'alimentation doit être variée et c'est aussi pour ça que nous voulons montrer qu'en une demi-heure, on peut se nourrir d'autre chose que d'un sandwich. »
Bertrand LHOTE
(*)Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.







