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Affaire Grégory : le dossier réouvert le Mer 3 Déc - 9:10
Avant de savoir si « l'affaire Grégory » va connaître prochainement une nouvelle péripétie, une ancienne journaliste du Bien public, qui a suivi le dossier pendant 14 ans, nous livre son sentiment.
PLUS de 24 ans après la découverte du corps du petit Grégory Villemin dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984, on ne connaît toujours pas le meurtrier de l'enfant.
On a tout dit et tout prétendu sur l'affaire Grégory, souvent présentée comme le fait divers le plus médiatisé de l'après-guerre. Une ancienne journaliste du Bien public, Valérie Antoniol, aujourd'hui à la retraite, a suivi toute l'affaire, à partir de 1987 et jusqu'en 2001.
Fin 1993, elle a assisté, en particulier, aux 31 jours du procès de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, jugé pour le meurtre de son cousin, Bernard Laroche, qu'il considérait comme le meurtrier de son fils.
Aujourd'hui encore, elle se dit profondément marquée par cette histoire complexe, où la vérité a tant de mal à s'imposer.
L'ADN va-t-il parler ?
« Si on rouvre le dossier, c'est qu'on veut la vérité. Le tout est de savoir quelle vérité. A priori, tout repose sur les scellés, en particulier ceux qui concernent le jour du meurtre de Grégory Villemin.
Parmi ces objets figurent les cordelettes, retrouvées sur le petit garçon, qui entravaient ses poignets et ses pieds, de même que les vêtements qu'il portait ce jour-là. Si l'état de ces scellés le permet, on va tenter de trouver des traces d'ADN », explique-t-elle.
Si d'éventuelles traces sont retrouvées, que vont-elles révéler ? Avec quel ADN va-t-on les comparer ? Si plusieurs traces sont retrouvées, doit-on penser que plusieurs personnes se trouvent mêlées à l'assassinat ?
L'ancienne journaliste reprend : « Le juge Simon, qui a instruit l'affaire de 1987 à 1990, a toujours parlé « du ou des auteurs de ce crime abominable ». C'est tellement vrai que dans l'arrêt de non-lieu concernant les charges possibles retenues à l'encontre de Bernard Laroche une phrase stipule qu'aucun indice ne le désigne comme l'assassin mais qu'il a pu enlever l'enfant.
Par ailleurs, il faut savoir que l'examen du cadavre a prouvé que l'enfant ne s'est pas débattu. Il était soit endormi soit mort quand il a été attaché. Il y a un autre élément méconnu, mais néanmoins très important, c'est qu'on a trouvé sur les bords de la Vologne des seringues vides d'insuline.
Or, dans la famille Villemin-Laroche, il y a une personne qui se soignait à base d'insuline. Peu après les faits, alors qu'on pouvait exploiter ce genre d'indices, le juge Lambert a paniqué, aucune recherche approfondie n'a permis d'éliminer une hypothèse. »
« C'est la loi du silence qui règne dans cette famille. Le procès de Jean-Marie Villemin, qui s'est tenu à Dijon de novembre à décembre 1993, a permis de réunir tous les acteurs de cette affaire. Rien n'a filtré.
Au cours de ce procès, on a demandé de faire expertiser les cassettes où l'on entend la voix du fameux corbeau. Les enregistrements ont été réalisés suite à la mise sur écoute de la famille Villemin, après une plainte de celle-ci. En 1993, on a déclaré que les techniques d'expertise n'étaient pas suffisamment au point.
Il paraît qu'il serait possible aujourd'hui d'expertiser les cassettes. Si on veut faire toute la lumière sur cette affaire, on ne pourra faire l'économie des cassettes », souligne Valérie Antoniol qui poursuit :
« Il serait cruel qu'à l'issue du supplément d'information, on en vienne à dire que l'ADN n'a pas parlé, qu'on en reste à des présomptions de culpabilité à l'encontre de Bernard Laroche. » Une information a été ouverte en 2000 pour retrouver d'éventuelles traces d'ADN sur un demi-timbre figurant sur une des lettres du mystérieux « corbeau », qui a avoué être l'auteur du meurtre, après avoir importuné la famille Villemin pendant plusieurs années.
Cette énième relance du dossier s'est clôturée par un non-lieu, le timbre se révélant inexploitable.
Nicolas ROUILLARD
© Le Bien Public

PLUS de 24 ans après la découverte du corps du petit Grégory Villemin dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984, on ne connaît toujours pas le meurtrier de l'enfant.
On a tout dit et tout prétendu sur l'affaire Grégory, souvent présentée comme le fait divers le plus médiatisé de l'après-guerre. Une ancienne journaliste du Bien public, Valérie Antoniol, aujourd'hui à la retraite, a suivi toute l'affaire, à partir de 1987 et jusqu'en 2001.
Fin 1993, elle a assisté, en particulier, aux 31 jours du procès de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, jugé pour le meurtre de son cousin, Bernard Laroche, qu'il considérait comme le meurtrier de son fils.
Aujourd'hui encore, elle se dit profondément marquée par cette histoire complexe, où la vérité a tant de mal à s'imposer.
L'ADN va-t-il parler ?
« Si on rouvre le dossier, c'est qu'on veut la vérité. Le tout est de savoir quelle vérité. A priori, tout repose sur les scellés, en particulier ceux qui concernent le jour du meurtre de Grégory Villemin.
Parmi ces objets figurent les cordelettes, retrouvées sur le petit garçon, qui entravaient ses poignets et ses pieds, de même que les vêtements qu'il portait ce jour-là. Si l'état de ces scellés le permet, on va tenter de trouver des traces d'ADN », explique-t-elle.
Si d'éventuelles traces sont retrouvées, que vont-elles révéler ? Avec quel ADN va-t-on les comparer ? Si plusieurs traces sont retrouvées, doit-on penser que plusieurs personnes se trouvent mêlées à l'assassinat ?
L'ancienne journaliste reprend : « Le juge Simon, qui a instruit l'affaire de 1987 à 1990, a toujours parlé « du ou des auteurs de ce crime abominable ». C'est tellement vrai que dans l'arrêt de non-lieu concernant les charges possibles retenues à l'encontre de Bernard Laroche une phrase stipule qu'aucun indice ne le désigne comme l'assassin mais qu'il a pu enlever l'enfant.
Par ailleurs, il faut savoir que l'examen du cadavre a prouvé que l'enfant ne s'est pas débattu. Il était soit endormi soit mort quand il a été attaché. Il y a un autre élément méconnu, mais néanmoins très important, c'est qu'on a trouvé sur les bords de la Vologne des seringues vides d'insuline.
Or, dans la famille Villemin-Laroche, il y a une personne qui se soignait à base d'insuline. Peu après les faits, alors qu'on pouvait exploiter ce genre d'indices, le juge Lambert a paniqué, aucune recherche approfondie n'a permis d'éliminer une hypothèse. »
« C'est la loi du silence qui règne dans cette famille. Le procès de Jean-Marie Villemin, qui s'est tenu à Dijon de novembre à décembre 1993, a permis de réunir tous les acteurs de cette affaire. Rien n'a filtré.
Au cours de ce procès, on a demandé de faire expertiser les cassettes où l'on entend la voix du fameux corbeau. Les enregistrements ont été réalisés suite à la mise sur écoute de la famille Villemin, après une plainte de celle-ci. En 1993, on a déclaré que les techniques d'expertise n'étaient pas suffisamment au point.
Il paraît qu'il serait possible aujourd'hui d'expertiser les cassettes. Si on veut faire toute la lumière sur cette affaire, on ne pourra faire l'économie des cassettes », souligne Valérie Antoniol qui poursuit :
« Il serait cruel qu'à l'issue du supplément d'information, on en vienne à dire que l'ADN n'a pas parlé, qu'on en reste à des présomptions de culpabilité à l'encontre de Bernard Laroche. » Une information a été ouverte en 2000 pour retrouver d'éventuelles traces d'ADN sur un demi-timbre figurant sur une des lettres du mystérieux « corbeau », qui a avoué être l'auteur du meurtre, après avoir importuné la famille Villemin pendant plusieurs années.
Cette énième relance du dossier s'est clôturée par un non-lieu, le timbre se révélant inexploitable.
Nicolas ROUILLARD
© Le Bien Public

Dernière édition par yaya le Mer 3 Déc - 12:17, édité 1 fois









