1
réductions d'impôts pour ceux qui vont au travail à vélo le Lun 19 Jan - 10:55
Un rapport du ministère de la Santé préconise plusieurs mesures pour
inciter à bouger plus, notamment des déductions fiscales pour les
personnes qui se rendent au travail à vélo.
PEUT-ON imaginer un jour des réductions d'impôts pour ceux qui vont à
leur travail à vélo ? Un récent rapport intitulé « Retrouver sa liberté
de mouvement »(1), réalisé par le professeur Jean-François Toussaint à
la demande du ministère de la Santé, propose un Plan national de
prévention par l'activité physique ou sportive (Pnaps).
Déduction de 200 euros par an
Ce
rapport préconise plusieurs mesures pour inciter les Français à bouger
davantage et à profiter ainsi des bénéfices sur la santé (au niveau du
cœur, des os, du poids, etc.) de la pratique régulière d'activités
physiques. Parmi les mesures préconisées par ce rapport, il est proposé
une déduction fiscale annuelle de 200 euros pour les personnes qui
résident dans un rayon de 10 kilomètres de leur lieu de travail et qui
s'y rendent à vélo(2).
Interrogés dans les rues de Dijon, plusieurs
Côte-d'Oriens donnent leur avis sur cette possibilité. Pour Sophie, 25
ans, étudiante à Dijon, c'est « une bonne idée, car cela inciterait les
personnes à réduire la pollution, à penser développement durable. De
plus, faire du sport est bon pour la santé ».
« Comment vérifier que l'on va bien au travail à vélo ? »
Peu
sont ceux qui se disent prêts à accepter de prendre le vélo pour payer
moins d'impôts. Franchement sceptique, Nicolas, 28 ans, serveur à
Beaune, se demande comment il serait possible de vérifier si les gens
iraient bien au travail à vélo : « Cela me paraît invérifiable. » Du
côté d'Emmanuel, 33 ans, chômeur à Marcilly-sur-Tille, « c'est une
mesure discriminatoire. Cela avantagerait ceux qui sont en ville et
pénaliserait ceux qui sont à la campagne. Et en Côte-d'Or, les ruraux
sont nombreux… Est-ce qu'il y aura quelque chose pour les gens qui,
comme moi, habitent à plus de 30 kilomètres de leur travail ? » Nicolas
s'étonne du fait « que l'on demande à des chômeurs d'être prêts à
travailler jusqu'à 60 kilomètres de leur lieu de travail » et que là, «
on favoriserait ceux qui sont proches de leur lieu de travail ». Il y a
une selon lui « une contradiction ». Stéphane, 30 ans, responsable de
communication à Dijon, ne voit pas cette proposition être appliquée en
hiver avec les conditions climatiques difficiles. De plus, il juge qu'«
avec 200 euros par an, cela n'aurait pas de quoi convaincre les gens de
ne pas prendre la voiture.
Si le montant de la déduction était de
800 ou de 1 000 euros, cela pourrait commencer à faire réfléchir. »
Même constat du côté du Sophie qui estime que « les jours où il vente,
où il neige, ce ne serait pas évident ».
Autant dire que cette proposition pourrait bien tourner dans le vide.
Vincent LINDENEHER
(1)
L'intégralité du rapport (295 pages) est disponible en ligne à
l'adresse :
www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG/pdf/RapPreventionActivite-2008.pdf
(2) D'autres propositions sont avancées dans le rapport (voir encadré).
Avec le repère de 30 minutes d'activité physique ou sportive
quotidienne, et d'une heure pour les enfants, le rapport met en
évidence les bienfaits de l'exercice, entre autres sur le cœur et son «
impact positif sur le bien-être, le stress et la dépression ».
Ce
dernier recommande notamment de « mettre en place des incitations
financières » pour faciliter la pratique physique ou sportive, par le
biais de « déductions fiscales (sur les licences) ou de chèque actif
pour les scolaires, les familles, les seniors, les personnes souffrant
de maladie chronique, de maladie rare ou de handicap » et de rendre
accessibles aux personnes en difficultés les offres sport-santé.
Faire
des établissements scolaires un lieu facilitant la pratique sportive «
hors temps scolaire » et élargir l'offre des associations et des clubs
aux familles sont également proposés ainsi que l'aménagement des
espaces publics pour favoriser la marche et vélo.
Autres suggestions
: « Intégrer l'activité physique ou sportive (APS) » dans les maisons
de retraites et les établissements prenant en charge la dépendance et
la réadaptation et « en entreprise, au titre de la prévention du stress
».
Pour les seniors, il s'agit aussi, avant la retraite,
d'encourager la pratique en toute sécurité afin d'améliorer force,
souplesse, équilibre et qualité de vie.
© Le Bien Public
inciter à bouger plus, notamment des déductions fiscales pour les
personnes qui se rendent au travail à vélo.
PEUT-ON imaginer un jour des réductions d'impôts pour ceux qui vont à
leur travail à vélo ? Un récent rapport intitulé « Retrouver sa liberté
de mouvement »(1), réalisé par le professeur Jean-François Toussaint à
la demande du ministère de la Santé, propose un Plan national de
prévention par l'activité physique ou sportive (Pnaps).
Déduction de 200 euros par an
Ce
rapport préconise plusieurs mesures pour inciter les Français à bouger
davantage et à profiter ainsi des bénéfices sur la santé (au niveau du
cœur, des os, du poids, etc.) de la pratique régulière d'activités
physiques. Parmi les mesures préconisées par ce rapport, il est proposé
une déduction fiscale annuelle de 200 euros pour les personnes qui
résident dans un rayon de 10 kilomètres de leur lieu de travail et qui
s'y rendent à vélo(2).
Interrogés dans les rues de Dijon, plusieurs
Côte-d'Oriens donnent leur avis sur cette possibilité. Pour Sophie, 25
ans, étudiante à Dijon, c'est « une bonne idée, car cela inciterait les
personnes à réduire la pollution, à penser développement durable. De
plus, faire du sport est bon pour la santé ».
« Comment vérifier que l'on va bien au travail à vélo ? »
Peu
sont ceux qui se disent prêts à accepter de prendre le vélo pour payer
moins d'impôts. Franchement sceptique, Nicolas, 28 ans, serveur à
Beaune, se demande comment il serait possible de vérifier si les gens
iraient bien au travail à vélo : « Cela me paraît invérifiable. » Du
côté d'Emmanuel, 33 ans, chômeur à Marcilly-sur-Tille, « c'est une
mesure discriminatoire. Cela avantagerait ceux qui sont en ville et
pénaliserait ceux qui sont à la campagne. Et en Côte-d'Or, les ruraux
sont nombreux… Est-ce qu'il y aura quelque chose pour les gens qui,
comme moi, habitent à plus de 30 kilomètres de leur travail ? » Nicolas
s'étonne du fait « que l'on demande à des chômeurs d'être prêts à
travailler jusqu'à 60 kilomètres de leur lieu de travail » et que là, «
on favoriserait ceux qui sont proches de leur lieu de travail ». Il y a
une selon lui « une contradiction ». Stéphane, 30 ans, responsable de
communication à Dijon, ne voit pas cette proposition être appliquée en
hiver avec les conditions climatiques difficiles. De plus, il juge qu'«
avec 200 euros par an, cela n'aurait pas de quoi convaincre les gens de
ne pas prendre la voiture.
Si le montant de la déduction était de
800 ou de 1 000 euros, cela pourrait commencer à faire réfléchir. »
Même constat du côté du Sophie qui estime que « les jours où il vente,
où il neige, ce ne serait pas évident ».
Autant dire que cette proposition pourrait bien tourner dans le vide.
Vincent LINDENEHER
(1)
L'intégralité du rapport (295 pages) est disponible en ligne à
l'adresse :
www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG/pdf/RapPreventionActivite-2008.pdf
(2) D'autres propositions sont avancées dans le rapport (voir encadré).
Avec le repère de 30 minutes d'activité physique ou sportive
quotidienne, et d'une heure pour les enfants, le rapport met en
évidence les bienfaits de l'exercice, entre autres sur le cœur et son «
impact positif sur le bien-être, le stress et la dépression ».
Ce
dernier recommande notamment de « mettre en place des incitations
financières » pour faciliter la pratique physique ou sportive, par le
biais de « déductions fiscales (sur les licences) ou de chèque actif
pour les scolaires, les familles, les seniors, les personnes souffrant
de maladie chronique, de maladie rare ou de handicap » et de rendre
accessibles aux personnes en difficultés les offres sport-santé.
Faire
des établissements scolaires un lieu facilitant la pratique sportive «
hors temps scolaire » et élargir l'offre des associations et des clubs
aux familles sont également proposés ainsi que l'aménagement des
espaces publics pour favoriser la marche et vélo.
Autres suggestions
: « Intégrer l'activité physique ou sportive (APS) » dans les maisons
de retraites et les établissements prenant en charge la dépendance et
la réadaptation et « en entreprise, au titre de la prévention du stress
».
Pour les seniors, il s'agit aussi, avant la retraite,
d'encourager la pratique en toute sécurité afin d'améliorer force,
souplesse, équilibre et qualité de vie.
© Le Bien Public







